La Transquadra à bord d'OF7

16/02/2018
E et V Lefort

Témoignage de Véronique Lefort au 6ème jour de course.


Vendredi 16 février

Aujourd'hui la mer est immense, le ciel bleu et la lumière du soleil insolente, tellement elle nous chauffe et nous éblouit ! Ca fait du bien après 4 jours de mer.... Le vent est faible : 8 à 12 nœuds et me ravit. J'avoue au delà de 15-20 nœuds et sous grand spi je ne suis pas très a l'aise. Il y a trois jours alors que le vent soufflait encore très fort, je me demandais ce que je faisais la...ce n'était pas une partie de plaisir. J'aime être en mer, mais je ne suis pas à l'aise dans ces conditions. Je fais de la voile hauturière depuis que je connais Etienne. Même notre année sabbatique sur un catamaran ne me donne pas assez confiance pour affronter 20 à 30 nœuds sous spi toute seule sur le pont en toute sérénité.

Heureusement, notre bateau, l'OFCET 32 est génial. Il est neuf, très bien conçu, et tellement sécurisant. Comme il a beaucoup de potentiel, et que nous restons un peu en deçà, nous naviguons dans une super zone de confort. Plus ça va, plus je prends confiance.

Bon, Etienne "accepte" quand même que nous prenions un ris avant la nuit... et nous limitons au maximum les manœuvres de nuit. Pendant la première étape, Gibraltar m'a effrayé : 35 à 40 nœuds de nuit, ça fait beaucoup au milieu des cargos. Je suis restée prostrée 3 jours entiers sur la couchette tribord. Mais j'ai fait le choix de continuer.

Arrivée à terre, le désir de repartir est toujours là. 

Pour cette étape, après 3 jours de mal de mer (je n'aurais pas besoin de payer une fortune cette année pour quelques jours de jeûne, cette année c'est chose faite), la peur de partir au lof, de faire des cocotiers avec le spi, les déchirures de notre petit génois et petit spi, aujourd'hui je savoure le peu de vent, le soleil qui me chauffe la peau et me donne le moral. D'autant plus que nous réalisons que nous n'avons rien cassé, et eu aucun problème sérieux, la prudence paie. 

Nous reprenons petit à petit des repas équilibrés ! Les avocats et bananes achetés durs à Funchal murissent, la fraicheur du concombre dans le sandwich du midi fait du bien… Il nous reste des pommes, des bananes et des citrons que nous réservons pour les jours encore plus chauds à venir.

La toilette et le brossage des dents se sont à nouveau invités. Je suis super contente d'avoir emmené avec moi le savon d'Alep que j'avais fabriqué au mois de janvier et mes deux kits AromaFab aux huiles essentielles.

Le summum, je ne dors plus habillée en tenue prête à bondir sur le pont au cas où Etienne aurait besoin d'aide. Aujourd'hui nous profitons du peu de vent pour aérer nos duvets en dessous de la bôme, les chaussettes ont quitté nos pieds et nous en profitons pour nous déplacer pieds nus. C'est le pied, non?! 

Bon, le devoir m'appelle, je monte sur le pont pour vérifier que tout est en ordre pendant qu'Etienne récupère (il me fait la faveur de me laisser dormir les nuits entières !).

La Martinique se fait attendre !  A Marie, Mathieu et Sophie, nos enfants chéris.

 
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