La Transquadra à bord d'AD Nantes

25/04/2018
AD Nantes

Retour d'expérience de Yann Dubé


La Transquadra sur l’Ofcet 32 AD Nantes

Retour d’expérience positif pour notre première course au Large Transatlantique
9ème de la TRANSQUADRA 2017-2018

l’OFCET 32 :
L’OFCET 32 à été conçu spécialement pour les navigations côtières et hauturières en équipage réduit. Ce plan Lombard dessiné et construit dans les règles de l’art, répondant aux critères les plus exigeants tels que : un déplacement léger, une structure rigide, une construction fiable, un plan de pont ergonomique, une raideur à la toile exceptionnelle, une stabilité de forme unique, une ligne de carène tendue et planante ; font que ce bateau rassemble les meilleurs qualités de navigation pour les compétiteurs à la recherche de victoire, comme pour pour les amateurs de courses au larges en solitaire / double. Se faire plaisir et être compétitif avec un voilier facile à manoeuvrer

Seulement 3 mois de préparation et 1 entrainement pour AD Nantes :
Notre manque d’entrainement s’est fait sentir à bord de l’OFCET 32 AD NANTES à partir du 8ème jour de course.
La prise en main du bateau neuf fin mars 2017 (3 mois avant le départ), une régate en double de 24H comme seul entrainement de préparation avant la Transquadra.
Nous n’avions jamais navigué ensemble avec Vincent, mais on se connaissait depuis longtemps et on s’entendait bien. Nous n’avions pas le même niveau d’expérience, mais c’est l’envie réciproque de faire la transquadra sur l’OFCET 32 qui a soudé notre équipage.

Notre objectif de résultat :
Pour ces raisons, notre objectif de résultat pour notre première Transquadra était de finir dans les 15 premiers (ce qui était déjà optimiste au regard du beau plateau de concurrents inscrits sur cette édition).

Notre objectif projet :
Le principal objectif de la transat était bien évidemment d’arriver de l’autre côté sans casse majeure et en prenant beaucoup de plaisir, mais également de découvrir et apprécier les performances de l’OFCET 32 au fur et à mesure de notre navigation.

Un début de course au-delà de nos attentes (en tête de la flotte des 32 pieds durant les 4 premiers jours) :
Plaisir et performance étaient au rendez-vous.
Malgré notre départ de Madère avec prudence, nous nous sommes vite trouvés en tête de la course.
Les premières 12h de course, nous avions mis le Spi de brise et la Grand Voile haute. C’était un départ en fin de journée (le 10 février) avec des manœuvres d’empannage prévues durant la nuit et le vent moyen était de 25 nds. Nous avions pris la décision de partir sans prendre trop de risque et de nous mettre dans la course en prenant confiance avec le bateau et nos capacités.
Tout se passait pour le mieux et nous étions parfaitement à l’aise avec le bateau qui filait à plus de 11 nds et régulièrement à 13-15 nds. Le pilote fonctionnait bien, le bateau était bien stable, la configuration de voile parfaitement adaptée et nous prenions nos marques à bord.

 

Classement au 4ème jour de course :
Durant les 4 premiers jours, nous étions en tête de la flotte des 32 pieds et 5ème au classement général en temps compensé. Nous étions contents et surpris en même temps, car nous n’étions jamais à 100% du potentiel du bateau. Notre quotidien pendant ces 4 premiers jours a été de faire et refaire nos polaires et analyser les différents routages.
Notre constat était que nous étions sur un gain de 13% en performance VMG.

Changement d’ambiance à bord d’AD NANTES : (problème de pilote automatique)
La mer avait vraiment changée. Une forte houle mal rangée associée parfois à une houle croisée venait mettre en difficulté les performances de notre pilote automatique. Après plusieurs heures de réglages de voiles et de pilote, notre constat était que notre transat prenait une autre tournure et qu’il allait falloir barrer et être proche de la barre pour reprendre la main lorsque le pilote n’arrivait plus à tenir le cap.
Notre confiance dans le pilote diminuait d’heure en heure. Même en travaillant sur les paramètres du pilote, les zig-zags incessants finissaient toujours par une perte totale du contrôle du bateau.
Le cauchemar de la première étape recommençait …. !

Entre le 4ème et le 8ème jours de course :
La route se confirmait pour être proche de l’orthodromie (proche de la route directe).
Il fallait rester dans le rythme et tenir de bonnes vitesses car la météo annonçait un faible couloir de vent sur notre route puis le vent mollirait derrière nous. Il fallait donc être attentif à la marche du bateau pour rester au contact des premiers de la flotte.
La gestion de notre temps de barre pour compenser les problèmes de pilote, la négociation des grains et le suivi des variations barométriques deviennent notre quotidien.
Notre manque d’entrainement, les soucis de pilote et notre difficulté à bien gérer notre sommeil commence à se faire sentir.

Le 18 février (8ème jour de course) a été un tournant majeur de notre course.
En fin de journée, au passage d’un grain, le vent, comme à son habitude, était passé de 24 à 32 noeuds dans une rafale. Nous étions sous Grand Spi et le pilote a perdu le contrôle du bateau. (Le pilote négociait aussi mal la houle que les accélérations de vent). Ce petit départ au tas en douceur allait avoir des conséquences graves sur la suite de notre course. Notre Grand Spi avait claqué une fois de trop et venait d’exploser.

Classement au 8ème jour de course :
3ème de la flotte des 32 pieds et 6ème du classement général en temps compensé.

Une fin de course sous petit spi, mais un résultat très motivant :
Le reste de la course a été compliqué à vivre à bord d’AD Nantes.
Sur le plan sportif, tous nos espoirs de nous maintenir et rivaliser avec la tête de la flotte étaient tombés. Il nous restait simplement à faire notre course et perdre le moins de distance possible. Notre déficit de cap ou de vitesse ne nous permettait plus de suivre le rythme.
Etre sous GV haute avec le Spi de brise nous imposait de naviguer, soit au même cap mais moins vite que les bateaux de notre groupe, soit plus haut en cap pour avoir la même vitesse.
Ce choix était difficile à faire et dans les deux cas, moins performant.
Heureusement que l’objectif prinipal de notre équipage pour la première participation du bateau était de prendre du plaisir et découvrir le bateau. Nombreux ont été les moments de plaisir intense au planning dans des longs surfs à regarder le GPS monter à 15-16-17 et parfois 18-19-20 nds qui sont venus compenser notre soucis techniques.

 

Les performances du bateau durant les 8 premiers jours précedant nos avaries avait permis de creuser l’écart sur le reste de la flotte, car finalement nous franchissons la ligne d’arrivée le 24 février à 20H33 UTC à la 14ème place en temps réel, 4ème de la flotte des 32 pieds, et nous finissons 9ème du classement général en temps compensé.

Un bilan très positif pour la première participation de L’OFCET 32 sur la Transquadra :
- L’Ofcet 32 nous a montré qu’il était d’une très grande stabilité dans le vent fort, malgré une houle puissante et désordonnée. Le dimensionnement des safrans permet un contrôle parfait du bateau dans toutes les circonstances.
- Le bateau est fiabilisé et aucun des organes vitaux du bateau n’a montré de signe de faiblesse.
- Il est rapidement au planning et sa forme de carène permet de maintenir des longs surfs sans que le bateau n’enfourne.
- Le bateau est facile à manœuvrer seul ou en équipage en double.

Il est très motivant de voir qu’avec un équipage peu entrainé et sans avoir eu le temps de faire beaucoup d’optimisations nous terminons 9ème de cette édition.
Nous sommes maintenant sur l’analyse des performances enregistrées et le retour d’expérience de cette traversée pour optimiser la version du bateau Transquadra.
Le rating, le poids du bateau, la taille et la forme des voiles sont tous les paramètres à faire évoluer. Nous sommes proche de trouver la bonne alchimie.
La surface et la forme des spis sont des points important à travailler.
Nous avons bien vécu notre Transat à bord du bateau, il est agréable et surprenant de stabilité au portant.
L’OFCET 32 est un bateau extraordinaire et entre les mains de compétiteurs et marins expérimentés, ça ne fait aucun doute qu’il amènera les skippers sur la plus haute marche du podium.